Service militaireNuméro 06

LE CRI DU VERBE

D’après les numérologues, le chiffre 6 symbolise le mouvement de la lumière. «Cette lumière, c’est le verbe, la compréhension, l’ouverture des portes et des mystères», précisent les sites web obscurs qui veulent donner du sens à tout ce que l’homme est incapable d’expliquer (quel con quand même cet homme). On y croit ou on n’y croit pas, en attendant, cette définition du chiffre 6 nous arrange plutôt bien : revoilà notre brique, la sixième du nom, via laquelle nous tentons de proposer quelques clefs pour comprendre l’un ou l’autre des nombreux mystères qui peuplent notre univers. Mais modestement, parbleu. Nous n’allons pas prétendre que la lumière, c’est nous ! Nous ne sommes après tout qu’un petit média perdu dans la masse immense de textes, d’images et de vidéos. Surtout d’images et de vidéos.

Or le chiffre 6, nous l’écrivions, «c’est le verbe». Ce magazine contient environ 55.000 mots, l’équivalent d’un roman moyen. Une bagatelle en ces temps où l’on demande aux apprentis journalistes de faire «toujours plus court», avec des mots «toujours plus percutants» en dessous d’images «toujours plus envahissantes». Serions-nous à côté de la plaque ? Pourtant, un article long, s’il est bien écrit et bien raconté, c’est un régal. Le lecteur s’est laissé emporter par une histoire dont il ressort grandi. Avec tout ce qu’un bon roman peut cultiver en nous : l’imagination, la réflexion, la rêverie… Autrement dit, de quoi être mieux armé pour participer à la construction urgente d’une société meilleure.  Aussi, quand les 750 mégaoctets du PDF de notre gazette se transforment deux semaines plus tard en 4 mètres cube de papier qui sent bon, qu’on lira peinard le dimanche sur la terrasse, hors du temps, hors de cette frénésie qu’on aime et qu’on fuit, cette évidence s’impose : une revue comme 24h01 est nécessaire, aujourd’hui plus que jamais.

Admettons. Mais si l’on ajoute deux autres paramètres, à savoir la gratuité de la presse écrite sur le web (qui donc, chez les moins de 30 ans, dépense encore de l’argent pour lire les infos ?) et cette idée suicidaire de se passer de pub (un lecteur nous a dit : c’est comme si vous pissiez face au vent) sur un marché éditorial pas facile pour un sou, on ne donnera pas cher de notre peau. D’ailleurs oui, c’est très dur. Notre projet reste drôlement fragile. Notre lectorat est stable – mais il faudrait qu’il soit trois, voire quatre fois plus grand. Il faudrait que bon nombre de gens soient soudain prêts à débourser 18,5 euros pour un magazine (non mais ça va pas la tête), que ces lecteurs en dehors de notre niche déposent enfin 24h01 dans leur panier. Résultat, quand on consacre des week-ends entiers à matérialiser un numéro – un seul ! – d’une revue encore trop anonyme sous nos latitudes, quand on se bat chaque jour pour des économies de bouts de chandelle avant d’apprendre que d’autres planquent leurs millions à Panama, une question un tantinet tragique nous traverse l’esprit : à quoi bon ?

C’est alors qu’une lectrice nous adresse un message. « Chaque matin, avec mon café, je lis un article du dernier 24h01. C’est le meilleur moment de ma journée. » Il n’en faut pas plus pour avoir le sentiment qu’à notre infime échelle, nous changeons le monde. La quête intime de tout journaliste.

Quentin Jardon
et toute l’équipe de « 24h01 »

Le smartphone de Nicolas Vadot au scalpel

Sens dessus dessous
C’est l’histoire de taux-taux qui devient négatif…

Hors contexte
Alexander Scholz : « J’aime être seul au milieu des autres »

Le nez de Cléopâtre
Et si l’Expo 58 de Bruxelles avait tourné au vinaigre ?

Panseurs de patrimoine
À Kinshasa, on forme depuis peu des restaurateurs d’œuvres d’art, pour sauver les merveilles africaines des affres du temps. Une goutte d’eau dans le fleuve Congo.

Jean-Denis Lilot : « Il faut rendre aux enfants leur liberté »
Rencontre avec Jean-Denis Lilot, l’homme qui a créé une école très particulière dans un petit village ardennais.

Dossier service militaire : Ça s’en va et ça revient

En joue ?
Retour sur l’étonnante histoire du service militaire, de l’éphèbe de la Grèce antique au « Déserteur » de Boris Vian.

Génération volontaire
Vieillissante, la Défense belge lance en 2010 le service militaire volontaire. Un fiasco. Quatre miliciens reviennent sur leur expérience, bonne ou mauvaise.

Alerte rouge
En 2015, la Lituanie réintroduisait le service militaire obligatoire. La jeunesse se presse aux portes des camps d’entraînement. Mais de quoi ce petit pays balte a-t-il peur ?

Sacré service
Ils racontent leur souvenir de la conscription au service du drapeau belge. Entre dégoût, nostalgie et entorses au règlement.

Quelques cas particuliers dans le monde

Le bonheur à la folie
Depuis l’instauration du Bonheur national brut, le Bhoutan fait face à un nombre croissant de dépressions et de suicides.

Le dieu vélo
À Bruxelles, le vélo grignote toujours plus de terrain sur l’espace réservé aux voitures. Le « cheval de fer », bientôt bicentenaire, peut-il changer le visage de la capitale de l’Europe ?

Les héros du clic
Dopage, contrats juteux et star system : le jeu vidéo a tout d’un sport populaire traditionnel. Mais le grand public continue de le bouder.

Crystal Palace
Au XIXe siècle, les maharadjas indiens ont importé en masse le cristal liégeois du Val Saint-Lambert. Un photojournaliste est parti sur leurs traces, à défaut d’archives dignes de ce nom.

Le masque Anas Anas
On le surnomme le « James Bond du journalisme africain ». Anas Anas secoue le continent avec ses enquêtes fracassantes. Qui se cache derrière le masque ?

Les animaux du paradis
Dans un refuge au bord de la N5, près de Louvain-la-Neuve, des centaines d’animaux exotiques s’entassent en attendant leur mort. Sous l’œil protecteur de Bernard, l’étrange maître des lieux.

A part ça la vie est belle
La famille Tasiaux diffuse Radio Chevauchoir dans un village namurois depuis 30 ans. Mais à quoi peut encore servir une radio locale amateur à l’ère de l’info numérique ?

Les athlètes de l’ombre
Lors des Special Olympics, les sportifs souffrant d’un handicap mental s’affrontent au foot, au bocce ou à la gym. Et fêtent leur victoire contre les difficultés du quotidien. En route vers les Jeux de La Louvière…

Waiting for the train
Plus aucun train ne circule au Liban depuis 1995, alors que le pays jouissait autrefois d’un réseau légendaire. Que s’est-il passé ?

 

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