Vladimir Poutine a réveillé l’Ours russe. Ils partent à la conquête de l’Arctique, avant de bifurquer vers l’Est.

« Après Mourmansk, c’est la Lune », disent ses habitants. Ils vont peut-être bientôt changer leur slogan. La plus grande ville au-delà du cercle polaire est aux premières loges d’un bouleversement majeur : la fonte des banquises de l’Arctique. De nouveaux horizons se dégagent, por­teurs de richesses naturelles et de nouvelles voies navi­gables susceptibles de redessiner les équilibres mondiaux. Ce changement de géographie conforte Vladimir Poutine, que la Russie s’apprête à élire pour la quatrième fois, dans son programme pharaonique : la reconquête de la gran­deur russe. Les vents de l’histoire pourraient bien souffler davantage vers le Nord et l’Est.

Auteur : Dominique Kopp
Photographies : Mikhail Mordasov
Rubrique : Temps forts
Retrouvez Cet Article dans le numéro 11

 

«Pouvoir, vouloir, savoir, trois mots qui mènent le monde », disait Victor Hugo. Après 17 ans à la tête de la Russie, Vladimir Poutine, qui s’est largement illustré dans les deux premiers axiomes, semble paré pour réaliser la triade. Mais avec le savoir, il se révèle plus prodigue… Comme ont pu le constater les hauts fonctionnaires russes et les gouverneurs de régions. En ce jour de Noël 2014, les étrennes présidentielles leur réservent une étonnante surprise : des livres de philosophie ! Ivan Ilyne, Nicolas Berdiaev, Vladimir Soloviev. Des penseurs russes du XIXe et du XXe siècle, qui partagent un même amour de leur pays, la vision d’un État fort mais aussi une grande religiosité. Leurs oeuvres sont une charge contre le communisme, les révolutions, l’égalitarisme et l’Occident qu’ils jugent « sans âme ». Pour ces penseurs, la grandeur de leur pays passe par la création d’une « voie russe » s’opposant au mondialisme occidental. Depuis quelques années, Vladimir Poutine les cite régulièrement dans ses discours décisifs. Ivan Ilyne écrivait déjà en 1948 : « Les peuples occidentaux ne comprennent, ni ne supportent l’originalité russe ». Mais il n’en reste pas là. Pour lui, l’objectif de l’Occident est de « démembrer la Russie pour la faire passer sous contrôle occidental, la défaire et finalement la faire disparaître ». Côté russe, ces mots résonnent étrangement à la lumière des événements qui suivirent : Guerre Froide, effondrement du bloc soviétique, chaos post-communiste et, plus récemment, sanctions occidentales qui provoquèrent le virage à l’Est de la Russie. Ce pivot vers l’Asie va ouvrir grand les portes de l’Arctique à la Chine. Depuis le planté de drapeau russe sous le pôle Nord en août 2007, cette région a fait son entrée sur la scène géopolitique mondiale et suscite bien des convoitises. Sous la banquise, un trésor : des hydrocarbures. Les estimations varient. Elles oscilleraient entre 20 et 25% des réserves mondiales. Et c’est la Russie qui détiendrait les clés du coffre. Un coffre sur lequel elle veille jalousement. C’est qu’elle a des projets pour ces immensités blanches. Mais elle n’est pas la seule…

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