Fin 2011, l’écrivaine espagnole à succès Lucía Etxebarría annonce publiquement que les téléchargements illégaux de son roman ont surpassé les ventes propres et que, outrée par ce constat, elle ne publiera plus de bouquins.

Les industries éditoriales la soutiennent massivement :

« Regardez ce que vous faites à nos auteurs ! »

Plus tard, Hernán Casciari, écrivain et éditeur du magazine Orsai, commente dans un journal argentin la réaction de Lucía Etxebarría : « En 2011, nous avons vendu en moyenne 7 000 exemplaires de chacun des quatre numéros du magazine version papier publiés au cours de cette année. La version pdf, téléchargeable gratuitement, a été consultée ou téléchargée plus de 600 000 fois. Six cents mille. Ma question est : si le cas de Lucía Etxebarría et de notre magazine sont identiques, et qu’ils ont lieu dans le même marché culturel, pourquoi sommes-nous ravis de ces chiffres qui écœurent la romancière ? La réponse, peut-être, est qu’il s’agit du même marché, mais qu’il ne s’agit pas du même monde. »

De quel autre « monde » parle Casciari ?

Je lui ai écrit un mail afin de lui proposer non pas une interview mais une longue conversation. Sa réponse : « Bien sûr, viens à la maison ». Trois semaines plus tard, je me suis rendu dans la petite ville de San Celoni, à une demi-heure de Barcelone, et nous avons parlé pendant quatre heures de la naissance et de l’évolution d’Orsai, de nos souvenirs d’enfance, des séries télé, de l’exil, de l’importance vitale de l’humour et de l’amitié et, bien sûr, de foot. Il n’est pas étonnant qu’« Orsai » en jargon argentin veuille dire « hors-jeu » : être là où n’est pas censé être.

Auteur : Nicolas Rodriguez Galvis

Illustration : Jeroen Janssen

Rubrique : Grand entretien illustré

 

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