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La vie regorge de mystères. En voici un de plus. Le jeudi, à Ottignies, des personnes aphasiques se retrouvent et chantent. Une heure de bonheur qui soulève une multitude de questions. Logopèdes et neuropsychologues tentent d’y répondre, sans y parvenir totalement.

Auteur : Catherine Joie
Photographies : Gaëlle Henkens
Rubrique : Les histoires
Retrouvez Cet Article dans le numéro 11

On l’entend bien, la mélodie. Et plus on s’approche de la maison, plus elle monte, gonfle et nous attire vers le fond de l’allée, vers l’extrémité de ces deux haies bien taillées et vers le bout de ce tapis de graviers beiges – cailloux qui crissent sous nos pas sans pour autant gagner la partie. C’est la musique qui l’emporte. Et les paroles, maintenant, qui se distinguent. Un simple geste d’humain. On sonne. Quand se desserrent ainsi nos poings. La porte s’ouvre, le son explose. Quand s’écartent nos phalanges / Sans méfiance une arme d’échange. C’est la voix de Jean- Jacques Goldman mais le visage, radieux, de Bénédicte Vinçotte. Le courage du signe indien / Un cadeau d’hier à demain. Elle doit presque crier pour se faire comprendre alors elle se dirige vers le baffle – Oh oh oooooh… Quand on ouvre nos mains – et coupe le son.

Bénédicte Vinçotte est une dame de petite taille, au brushing parfait et aux accessoires toujours judicieusement choisis. Elle est la définition même du mot ” chic “. Bénédicte vit en musique. À travers la musique. Avec ses tripes et ce depuis les entrailles de sa mère. Cette dernière, chanteuse professionnelle, passait voici 60 ans ses examens au conservatoire, avec une Bénédicte encore foetus qui, certes, prenait de la place, mais ne l’empêchait pas de réaliser des vocalises. À trois ans, Bénédicte chante. À cinq ans, elle est soliste dans une chorale. Plus elle grandit, plus la musique gagne du terrain, au point qu’elle en vienne à s’endormir en chantant. Et lorsqu’elle tombe enceinte, l’inévitable se produit : elle transmet la fibre musicale à sa fille.

Hortense, blonde aussi, chante comme sa mère avec un naturel déconcertant et rejoint, comme sa mère, une chorale. Hortense entame ensuite des études de logopédie. En 2013, elle réalise un stage au Centre hospitalier neurologique William Lennox (CHNWL), à Ottignies. Parmi ses premiers patients : un homme qui, suite à un accident vasculaire cérébral (AVC), présente une aphasie globale sévère. Autrement dit, il ne parle plus. Par contre, il chante. Frère Jacques et d’autres reliquats de l’enfance qui remontent des tréfonds de sa mémoire et sortent avec une étonnante fluidité. Muet mais chanteur. Pourquoi ? Comment ? Quelles explications derrière ce mystère ? Hortense, subjuguée, en déduit que le cerveau fonctionne par automatismes, même après un AVC. Le phénomène n’est, en fait, pas inconnu. Hortense imagine un atelier thérapeutique qui combinerait trois éléments clefs de sa vie : la logopédie, le chant et… sa mère.

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