En Amérique du Nord, les micro-brasseries se multiplient à grande vitesse. Adieu la Budweiser, cette blonde sans goût ! Désormais, les Américains trempent leurs lèvres dans des stouts, des triples ou des blanches fabriquées maison qui se revendiquent de la tradition belge. Et ils font ça tellement bien que, selon certains, nos célèbres trappistes risquent bientôt d’être « has been». Reportage au Michigan, dans la région des grands lacs, où le coq wallon sert carrément d’emblème à une bière locale.

Texte d’Amélie Mouton

Photographies de Doug Coombe

Rubrique: D’ici et d’ailleurs

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Making Of

Jamais je n’aurai autant utilisé mes papilles pour faire un reportage. C’est un sens que je mobilise rarement dans mon travail, où j’utilise plutôt la vue et l’ouïe, parfois l’odorat. Dommage, parce que c’est bien agréable. Depuis que j’ai commencé à m’immerger dans l’univers « craft beer », j’ai goûté plus de variété de bières que jamais auparavant. Et pourtant, je suis belge et mon palais a l’habitude de la diversité ! Un vaste monde s’est ouvert à moi. Difficile de faire les courses sans ramener quelques bières inconnues et les tester le soir même avec mon mari. L’esprit du beer geek a commencé à s’emparer de moi, même si je suis bien loin de leur époustouflante érudition.

Lors de mon dernier retour en Belgique, j’ai ramené des bières artisanales américaines pour les faire goûter à mes amis. J’ai appris qu’il fallait bien choisir son moment. Mieux vaut éviter les fêtes endiablées où des gosiers qui ont déjà vu passer mojito, vin rouge et vodka les découvrent à deux heures du matin. Un beau gâchis. J’ai aussi fait traverser l’Atlantique dans l’autre sens à quelques bouteilles de Cantillon. Elles attendent la bonne occasion : une dégustation chez Doug Coombe, le photographe qui m’a accompagnée dans ce reportage. Lui-même a mis de côté quelques trésors locaux, dont certaines éditions limitées (le must pour le beer geek).

J’aurais pu parler de beaucoup d’autres lieux dans ce reportage. Je vis au Michigan pour l’instant et il était donc logique que j’explore le territoire qui m’entoure. Il y a déjà largement de quoi faire en matière brassicole. Mais j’ai quand même rêvé un moment de franchir les 2000 km qui me sépare de Fort Collins, dans le Colorado. Là se trouve la brasserie New Belgium, qui depuis trente ans, fait d’excellentes bières aux noms poétiques, comme la Flat Tire (pneu plat) en souvenir d’un tour en vélo en Belgique. C’est la troisième plus grande brasserie artisanale des Etats-Unis et ce qui ne gâche rien, c’est une coopérative. Cerise sur le gâteau, le brasseur en chef s’appelle Peter Bouckaert, un Belge qui officiait auparavant à Rodenbach. Qui sait ? Je prendrai peut-être un jour le train Zéphyr qui relie Chicago à San Francisco pour m’arrêter au pied des somptueuses montagnes du Colorado.

 

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