La jeunesse montoise a les crocs. Faim de réussites et d’idéaux. Pourtant, dans un contexte socio-économique compliqué, pas évident de trouver quelque chose à se mettre sous la dent. « Révolte-toi et dis-nous ton idéal ! », c’est l’appel lancé par Mon(s) Idéal, fil rouge du volet jeunesse de l’année culturelle. L’idée ? Permettre aux jeunes de la région de construire l’après 2015. Si certains prennent volontiers les armes pour se faire acteurs de la capitale européenne, d’autres luttent dans les marges. Mais de quel avenir rêve cette jeunesse désunie ?

Texte de Camille Loiseau

Photographie de DYOD

Rubrique: Mons en quête de renaissance

Retrouvez cet article dans le numéro Hors-série Mons 2015

Making Of

Une enfilade de toits, un dédale de rues pavées, du haut de son beffroi, Mons ressemble à n’importe quelle autre ville, mélange de charme et d’histoire. J’ai beau plisser les yeux, balayer chaque cm2 du regard, je ne sais toujours pas où aller ni par où commencer. Ca partait d’un bon sentiment : trouver le point le plus haut et s’y poster pour prendre de la distance, au sens propre comme au figuré. Ce sera le questionnement récurrent de ses prochains mois : comment prendre de la distance pour rester objectif ?

« Tu vas voir, l’article t’ira comme un gant ! Il faudra parler de jeunesse, d’idéal et de rébellion. » Ils me connaissent bien chez 24h01. Faut dire qu’avant de m’exiler chez les carolos, j’ai pas mal usé les sièges de leurs bureaux. Ce jour-là, Fred me proposait de remettre le couvert après mon article sur les Binamé : ça fait déjà une bonne raison d’accepter. Il paraitrait même que, cette fois encore, c’est pour causer culture. Deux bonnes raisons. Sans attendre la troisième, je dis banco.

La remise en question n’interviendra que plusieurs mois après : « Au final, est-ce que c’est vraiment moi la mieux placée? » Faut dire que les copains du milieu n’ont pas aidé. Dans les cercles de la culture dite « alternative » on tirait à boulets rouges sur Mons 2015, pour de bonnes et de mauvaises raisons. Parfois avec des arguments, parfois parce que c’était de bon ton. Si c’est comme ça, je vais me faire ma propre idée.

Seulement voilà, on a beau vouloir partir de zéro, derrière chaque journaliste se cache son milieu, derrière chaque plume quelques idées préconçues. J’avais beau retourner mon carnet d’adresses dans tous les sens, je tombais tantôt sur une étudiante mécontente, tantôt sur un street artiste délaissé. Les déçus de Mons 2015 semblaient s’être donné le mot pour me répondre. Ou peut-être étaient-ce mes questions qui étaient orientées ? La partie « critique » du volet jeunesse de Mons 2015, je l’avais. Pas gratos évidemment, détaillée, argumentée. Et pourtant il manquait quelque chose.

Ils étaient où les jeunes heureux, investis, boulimiques de projets, fiers de voir leur ville se muter en centre européen de la culture ? Mon obsession de ne pas me tourner vers les sources trop officielles et trop institutionnalisées, commençait à me porter préjudice. Après avoir écumé les cercles proches, avoir parlé à tous les amis d’amis, avoir été à la rencontre de jeunes au hasard dans les rues de Mons, il fallait me rendre à l’évidence : pour trouver les jeunes investis dans le projet, il fallait passer par la Fondation elle-même. Ni une ni deux, je me retrouve avec toute une liste de noms. Certains que je n’utiliserai jamais, d’autres qui n’apporteront pas d’info supplémentaire à l’article mais aussi un jeune photographe prometteur, un metteur en scène ambitieux, un artiste numérique audacieux. Pierre, Alfonso, Vivian, s’ils ne sont pas tous cités dans l’article, ils m’auront pourtant permis de tout remettre en perspective, d’apporter un autre éclairage, de réaliser l’importance de la capitale européenne de la culture dans le soutien et le développement de jeunes projets.

Je ne suis pas convaincue, je suis mitigée. Je n’ai pas tout cru, mais j’ai écouté. Les propos retenus dans cet article sont ceux qui me semblent les plus pertinents. Ils ne sont pas la vérité absolue, mais le reflet d’un regard, de plusieurs regards croisés. « La Dalle d’Idéal » n’est pas une carte postale ni un livre-souvenir de Mons 2015, c’est un enchevêtrement d’arguments et de faits destinés à vous guider, jusqu’en haut du Beffroi, là où, dans l’idéal, la distance rencontre l’objectivité.

Camille loiseau

 

 

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