Histoire de la couverture.

Texte : Viviane de Laveleye & Catherine Joie
Illustration : Dorian Jude
Rubrique : Dossier
Retrouvez Cet Article dans le numéro 12

Au commencement, il n’y avait rien. Puis, il eut cette proposition : raconter les périples d’une parasitologue belge, découvreuse de chimpanzés en République démocratique du Congo. Le jour suivant, une biologiste italienne sauveuse de loutres géantes, vivant en pleine forêt amazonienne, à 30 heures de bateau de toute ville, nous tombe dessus. Coïncidence ou pas, nous déployons nos antennes : quelqu’un connaît-il d’autres scientifiques de l’extrême ? Réponse immédiate d’une journaliste : une médecin britannique a passé 14 mois confinée dans une base spatiale en Antarctique pour y étudier les conditions de survie de l’espèce humaine, en vue d’envoyer l’Homme sur d’autres planètes.

Leur audace et surtout leur dévouement total et inconditionnel pour la science laissent bouche bée. Mais elles sont inconnues du grand public. Constat affligeant.

Le trio s’est donc formé assez fortuitement, sinon pour répondre à une certaine curiosité. Pourquoi seulement des femmes ? Pourquoi pas. Anne Laudisoit, Emanuela Evangelista et Beth Healey sont qui elles sont. Leur parcours vaut la peine d’être raconté tel quel.

Mi-mars, les journalistes rentrent d’Amazonie ou de RDC, et se mettent à écrire, parfois à la première personne du singulier pour immerger le lecteur dans la vie de ces exploratrices. Pendant ce temps, nous imaginons la couverture de la revue. La première de l’histoire de 24h01 avec des visages réels – puisque ces femmes existent, autant les reconnaître. Le trio est extraordinaire, au sens littéral, alors plantons-le dans un décor invraisemblable. Fougères, montagnes, nuages apocalyptiques. Combinaisons mi-mécano, mi-super-héros, pour homogénéiser, et pour le clin d’œil à l’attitude girl power qu’elles incarnent malgré elles.

Leur tenue, leur posture et le coup de projecteur dont elles bénéficient ne contenteront peut-être personne : « où est la parité ? » ; « soutien total aux initiatives qui favorisent l’autonomisation des femmes » ; « ce dossier entretient les stéréotypes » ; « enfin, des femmes en couverture d’un magazine d’informations, pour un autre motif que leur condition de femmes » ; « le message n’est pas le bon, il fallait remettre le système en question, pas se limiter à la présentation de l’un ou l’autre parcours »… Nous répondrons que l’objectif premier de ce dossier n’était pas d’entrer dans un débat sur le féminisme, aussi fondamental soit-il.

Mais si les portraits d’Anne, Emanuela et Beth sont le fruit d’un certain hasard, le quatrième article qui complète ce tryptique a, lui, été imaginé après coup. Et ce jour-là, un dossier qui ne se voulait pas féministe l’est devenu. « Trouvez Sheila » creuse la question de l’absence de femmes scientifiques dans les livres d’Histoire. Pour une question de genre, de sexe, de prénom. Nées filles plutôt que garçons.

Les temps ont-ils changé ? Pas suffisamment. Les trois scientifiques au cœur de ce dossier sont loin, très loin, d’être les seules chercheuses de pointe, passionnées par leurs recherches mais méconnues. D’où les portraits ci-contre : 12 scientifiques qui méritent qu’on y prête attention.

La pointe de l’iceberg vient de gagner quelques centimètres.

Pour lire la suite, commandez votre exemplaire ici  ou rendez-vous dans votre librairie.

 

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