Ce sont des fermes imprenables cachées dans la péninsule volcanique de Reykjanes, en Islande, sur le site d’une ancienne base américaine. Sous les toits, ni vaches ni moutons, mais des serveurs informatiques qui font tourner des crypto-monnaies. Énergivores à l’extrême, ces fermes en expansion profitent du climat rigoureux de l’île et de ses ressources géothermiques pour réduire à néant leur impact environnemental. Vraiment ? Le journaliste Gérard Lemarquis a joué les explorateurs. Il revient désabusé.

Auteurs : Gérard Lemarquis et la rédaction
Photographies : Þordís Águstsdóttir
Rubrique : Dossier
Retrouvez Cet Article dans le numéro 11

La presse étrangère la présente comme la plus secrète de toutes. Disons plutôt que rien n’indique sa localisation. Pas de signalisation sur la piste privée qui y mène, pas de plaque sur la porte d’entrée. Aucune raison sociale. Seules les grilles surmontées de barbelés révèlent l’identité de la société. Nous sommes ici au milieu des laves de Reykjanes, à 50 km de la capitale Reykjavik, où se sont déroulés les crimes les plus mémorables d’Islande. S’il est difficile de retrouver un cadavre dans les laves, y débusquer une ferme informatique ne doit pas être tellement plus aisé. Après moult pérégrinations, nous voilà devant quatre bâtiments sans étage et deux hangars en construction. C’est Advania, l’un des quatre data centers qui cohabitent sur la zone de l’aéroport international de Keflavik, avec Verne Global, Borealis Data Center et Genesis Mining. L’infrastructure fait d’abord penser à un élevage de porcs. Comme on élève des porcs loin des hommes à cause de l’odeur, on échange les crypto-monnaies loin des habitations à cause du bruit étourdissant qu’elles engendrent. Accompagné d’une photographe, je me suis approché de la grille, jusqu’à ce qu’un représentant du chantier nous arrête. Les photos sont interdites ? ” Oui. ” Même à l’extérieur des grilles ? ” Oui, vous ne pouvez pas rester là. ” L’aéroport international de Keflavik n’héberge donc pas que des avions. Sur cette ancienne base militaire américaine de la péninsule de Reykjanes, des fermes informatiques poussent comme des champignons depuis plusieurs années. C’est dans ces gigantesques hangars que sont générés jour et nuit les fameuses crypto-monnaies, telles que le dash, l’ethereum et surtout le bitcoin, à la une de l’actualité depuis l’automne 2017. Il s’agit de monnaies non matérielles, numériques, régies par aucun État et ne passant par l’intermédiaire d’aucune banque centrale. C’est un système de paiement en pair à pair où l’utilisateur est à la fois client et serveur. Les transactions sont enregistrées dans un registre partagé qu’on appelle la blockchain, pour garder une trace datée et infalsifiable de chaque transaction. La résolution des calculs est récompensée par l’attribution de nouveaux bitcoins ou autres ethereums. Cette activité est appelée mining (miner, en anglais). Pourquoi opérer à partir de fermes informatiques ? Parce que les ordinateurs sont interconnectés, ce qui augmente considérablement leur puissance de calcul. L’union fait la force.

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