C’est l’histoire rocambolesque de l’arrivée, en Belgique, à l’été 2016, d’une partie de la ” Collection Corsel¬lis “, la plus grande collection connue de cerveaux humains au monde. Une aventure vraie de vraie, avec un espion russe, des cervelles dans des tuppe¬rwares, un curateur nommé Gent¬leman, un groupe de Chinois et une doctorante flamande qui ne lâche rien.

Auteur : Rosanne Mathot
Rubrique : Les histoires
Retrouvez Cet Article dans le numéro 11

La doctorante en psychiatrie était accroupie, dans la ruelle, à côté du cabby. Elle vomissait tripes et boyaux. Deux heures de slalommages furieux du taxi-driver, à travers les méandres britanniques, lui avaient renversé l’estomac. Le chauffeur avait roulé comme un Fangio dément, enfilant, façon cordonnier sous anabolisants, les très imaginaires lacets à flanc d’une très imaginaire montagne londonienne exagérément serpentine. Malgré sa joliesse habituelle, elle n’avait pas bonne mine, la Violette Coppens. Ce voyage entamé la veille, à l’aéroport de Deurne, en Flandre, en pleine et tragique période post-attentats, lui donnait des allures de syphilitique momie parente de Boris Johnson. C’est dire.

Dans le taxi, son compère, le psychiatre, chercheur et professeur d’université anversois, Manuel Morrens, secoua la tête, mi-amusé, mi-consterné. Il regarda sa montre. On était le 24 mars 2016, le matin filait. Il fallait repartir. Les cerveaux qu’ils convoitaient n’allaient pas attendre 110 ans que la doctorante flamande se remette de son mal des transports. Contrairement à Marco Polo qui n’avait que ça à faire, de se trimbaler de par le monde, Manuel, lui, n’avait pas de temps à perdre.

Manuel l’imaginait déjà dans le sous-sol de son hôpital de Duffel. Pas Violette, évidemment. Mais la collection si merveilleusement macabre de 8.800 cerveaux extirpés de crânes de schizophrènes, de dépressifs et même de simples accidentés de la route, pendant près de 50 ans. Bref. On parlait tout de même de la plus grosse, de la plus belle, de la plus formidable collection connue du monde entier. Vierge de médicaments, qui plus est. Une formidable Terra Incognita pour les chercheurs avides d’en savoir plus sur les mystérieux mécanismes des troubles mentaux. Son groupe de recherche, le Collaborative Antwerp Psychiatric Research Institute (CAPRI) et lui-même allaient enfin pouvoir observer la maladie dans sa forme la plus pure.

Vite. Vite ! Viiiiiiiite ! Peu importait en quelle ardoise se transformerait la tuile, il n’était plus question de faire demi-tour. Sur ce, Violette Coppens regarda furtivement Manuel Morrens d’un oeil mauvais et se remit à vomir. Comme l’autre dans sa galère, elle se demandait bien ce qu’ils étaient venus foutre ici, à vouloir dépouiller un hôpital ” anglishe ” de sa banque de vieux cerveaux malades. Pour tout dire, le voyage partait d’une idée. Restait à savoir si elle était vraiment si bonne que ça.

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