Mark Reeder ressuscite le Berlin-Ouest des années 1980

2017 JANVIER 31

Qui ne rêve pas d’y remettre les pieds ? (Re)plonger dans le bouillonnement de la scène culturelle underground de l’époque ? Le documentaire « B-movie : Lust & Sound in West-Berlin 1979-1989 », sorte de compilation des archives vidéo de Mark Reeder, est une immersion dans le Berlin-Ouest des années 1980. Présent la semaine dernière au Grand-Hornu à Mons pour la diffusion du documentaire, l’artiste anglais est revenu sur son expérience berlinoise.

Par Jeremy Vyls

Mark Reeder_Rebel Rebel

Mark Reeder : « Alors, à quel point ai-je l’air rebelle ? » © Jeremy Vyls

Son accoutrement n’a rien à envier à celui de Kim Jong-un. Bottes noires militaires, pantalon bouffant par-dessus les bottes, chemise bleue nuit épaisse boutonnée jusqu’au cou et cheveux gris, coupés très courts sur le côté, mais plus longs sur le haut, avec en prime une mèche qui flotte en arrière. Voilà Mark Reeder.

Par contre, il n’a pas du tout le visage d’un dictateur. À la place : un sourire jusqu’aux oreilles, des yeux doux et un air malicieux que l’on va vite apprendre à connaître.

Samedi dernier, le 20 janvier, Mark Reeder faisait escale dans le Borinage, au Musée des Arts Contemporains (MAC’s) du Grand-Hornu, pour parler du documentaire « B-Movie : Lust & Sound in West-Berlin 1979-1989 », dont il est le principal protagoniste. Le film rassemble certaines de ses archives personnelles : celles qui montrent Berlin-Ouest dans les années 1980 et qui vous plongent dans l’effervescence de sa scène culturelle underground de ces années-là. Le MAC’s projetait ce film dans le cadre de la clôture de l’exposition « REBEL REBEL art + rock ». Une première en Belgique depuis le Film Fest de Gand, édition 2015.

So british

Mark Reeder est connu dans le milieu de la musique indépendante comme musicien, producteur, patron de label, DJ… Il a donc vécu et vu pas mal de choses. Samedi dernier, que ce soit à travers le film ou lors de notre discussion après la projection, Mark Reeder a déballé un paquet d’anecdotes croustillantes sur les rencontres qu’il a accumulées lors de cette décennie folle. Et pas seulement sur le Berlin-Ouest de l’époque. Un exemple ? Mark Reeder donne, au début du film, une explication sur sa… tenue : « C’est confortable, résistant, pratique… Et ça énerve les gens ! Je peux jouer des rôles en portant de vieux uniformes militaires. » Tout bien réfléchi, il a plutôt l’air d’un gentleman, ce Mark Reeder. So british.

Il est Anglais, c’est vrai. Mais il a quitté son Manchester natal à la fin des années 1970, à 20 ans à peine, pour Berlin-Ouest – comme envoyé spécial dans cette ville coupée en deux pour Factory Records, le label indépendant de Manchester connu pour avoir enfanté notamment Joy Division et New Order.

Mark Reeder débarque donc d’Angleterre et atterrit dans une ville de squats : Berlin. Il s’installe dans un appartement trois fois plus grand que celui dans lequel il habitait à Manchester. C’est comme ça, ici. Tout est grand, vide. Et gratuit ! Ses affaires sont entreposées sur des meubles démontables et facilement transportables. Au cas où il faudrait déguerpir… Mais tout ce « confort » doit bien avoir un prix, non ? Où se trouve la faille, l’entourloupe, l’erreur ? Il y a, effectivement, un inconvénient à cet appartement gratuit. Mais Mark Reeder ne le perçoit pas comme tel : sous ses fenêtres, la jeunesse berlinoise bouillonne. Bars et clubs qui ne ferment jamais, la vie nocturne n’est pas seulement nocturne, et les provocations faites aux forces de l’ordre sont permanentes… Mark Reeder tombe sous le charme.

D’emblée, il aimera cette ville. Et c’est pour cela qu’il ne pourra pas s’arrêter de la filmer.

Mais tous ses petits films tournés en Super 8 pendant dix ans auraient bien pu rester dans ses placards…. « À l’époque, je filmais en permanence pour garder des souvenirs, rien que pour moi, commente-t-il. Je n’ai jamais pensé à en faire un documentaire. » Attablé dans l’auditorium du MAC’s pour une séance de questions-réponses avec les spectateurs, Mark Reeder explique la genèse du projet B-Movie. Au départ, les réalisateurs Jörg A. Hoppe, Klaus Maeck et Heiko Lange lui avaient simplement demandé ses archives vidéos. Il devait aussi remixer de la musique d’époque pour le film. Rien n’indiquait qu’il serait le guide du spectateur. Mais ça n’a pas fonctionné comme prévu : « Ils ont soudainement réalisé qu’ils avaient une occasion unique de raconter Berlin-Ouest dans les années 1980, expose-t-il. Un Anglais expatrié au beau milieu de cette ville à cette époque… Et qui faisait, en plus, partie de la scène musicale underground, ça ne courait pas les rues ! Si on avait demandé à un Allemand de raconter les années 1980, on aurait eu droit à un récit politique, qui n’aurait parlé que de la division du pays… Une histoire dépressive. »

« L’île »

Tout le contraire de ce à quoi on a droit ici. B-Movie est un chatoyant patchwork mêlant un nombre impressionnant d’archives : vidéos d’époque tournées par des anonymes ou par des artistes ; extraits d’interviews et de conversations ; séquences télévisées et publicitaires ; et bien sûr les films inédits de Mark Reeder, où l’on passe de vidéos de rue, de concerts, de soirées à d’amusantes saynètes d’époque sur sa propre vie. Le montage de B-Movie est à l’image de son sujet : frénétique et bordélique.

La narration de Mark Reeder, saupoudrée de cet irrésistible humour pince-sans-rire dont seuls les Anglais ont le secret – isn’t it ? –, nous prend littéralement par la main. Il nous emmène dans sa ville frénétique, sexy, écorchée vive et bouillonnante de créativité. « L’atmosphère qui régnait à Berlin-Ouest dans les années 1980 m’a toujours fait penser à la période de la République de Weimar, l’Allemagne de l’entre-deux-guerres, pendant laquelle les bars, les clubs et l’art renaissaient. » Un microcosme où tout semble possible, pour mieux oublier ce qui se joue au-delà du Mur.

« On appelait Berlin “L’île“. Tu avais le sentiment d’être unique là-bas, se rappelle-t-il. C’était une ville attirante pour les gens qui se sentaient “différents“. En tant qu’artiste, tu pouvais réaliser beaucoup de choses, sans contraintes : utiliser les bâtiments désaffectés pour y créer tes œuvres et y monter des installations, faire des performances n’importe quand, n’importe où… Berlin était synonyme d’épanouissement, où l’on peut échapper à son petit village ou à sa ville de province. Cette singularité a permis la naissance de nombreuses formes d’art différentes. » Selon Mark Reeder, Berlin doit son étiquette de « ville où tout est possible au beau milieu de l’Europe en pleine Guerre froide » à un artiste essentiel de l’époque : « Quand on parlait de Berlin, c’était toujours une question politique. Pour moi, c’est David Bowie qui a mis Berlin sur la carte mondiale de la musique. Ça y a attiré plein de monde. »

Un tas de gens afflue donc à Berlin-Ouest, en provenance d’Allemagne de l’Ouest, d’Europe occidentale voire du monde entier. Ils viennent pour y trouver un terrain de jeu pour exprimer leur art de manière hédoniste et totalement libre, ou plus simplement pour expérimenter à leur guise. Dans B-Movie, Mark Reeder nous présente les artistes qui ont fait partie de cette vague et qui sont les plus intéressants à ses yeux. Il les a évidemment tous rencontrés. Ou presque. Comme son idole, Edgar Froese, le fondateur du groupe ouest-berlinois Tangerine Dream, pionnier de la musique électronique. « Je débarquais tout juste de Manchester et j’avais un bout de papier avec son adresse écrite dessus », raconte le jeune Mark dans le film. On le voit sonner et attendre, en vain, devant une porte close. « En réalité, ça s’est passé un peu différemment, rectifie le Mark Reeder d’aujourd’hui. Sa femme, avec un bébé dans les bras, a fini par m’ouvrir. J’ai bredouillé avec mon maigre allemand, craintif et timide, que je voulais rencontrer son mari. Elle m’a simplement dit qu’il venait de partir en tournée… en Angleterre ! Quelle ironie ! »

Et Mark Reeder rencontra Nick Cave

À Berlin-Ouest, Mark Reeder a également fréquenté un expatrié australien, qui deviendra une rock star : Nick Cave. Auteur-compositeur au sein de plusieurs groupes, avec lesquels il a écrit quelques tubes – comme son duo avec Kylie Minogue–, il est aussi connu comme écrivain ou compositeur de musique de film. Dans les années 1980, Nick Cave est venu prendre un nouveau départ à Berlin après la fin houleuse de son groupe, The Birthday Party.

Mark Reeder et lui se rencontrent par l’intermédiaire de Blixa Bargeld, « un garçon étrange qui dormait, mangeait et exprimait son art dans le magasin de disque d’une de mes amies ». Blixa Bargeld est un véritable avant-gardiste. Il fonde le groupe de rock industriel Einstürzende Neubauten, dans lequel il utilise des instruments peu conventionnels : marteaux-piqueurs, tronçonneuses, foreuses… Ils seront considérés plus tard comme des précurseurs. Avec Blixa Bargeld, Nick Cave vient de former son nouveau groupe : The Bad Seeds, avec qui il joue toujours aujourd’hui.

Nick Cave offre même au Mark Reeder des années 1980 – et à nous, spectateurs – une visite guidée de son appartement berlinois : une petite pièce où l’on trouve un bureau enseveli sous le désordre, un matelas, caché derrière un rideau attaché à une tringle sur roulettes, avec sa « collection de peintures gothiques allemandes » – dont il a l’air fier – accrochée au mur, ou encore… un flingue.

Nick Cave_appartement

Un Nick Cave poli mais un peu inquiétant nous fait visiter son appartement berlinois… © Capture du film B-Movie

« Contaminer Manchester avec du son de Berlin »

À Berlin, Mark Reeder ne se contente pas d’observer l’Histoire défiler sous ses yeux. Il participe activement à la scène musicale et à la nuit berlinoise. Tantôt avec son groupe Die Unbekannten, rebaptisé Shark Vegas ; tantôt en devenant ingénieur du son pour Die Toten Hosen – pour payer les factures. Ou encore en devenant le manager bénévole du groupe féminin Malaria !. « En tant que représentant de Factory Records, je voulais contaminer Manchester avec du son de Berlin. L’inverse ne m’a jamais vraiment intéressé, ce qui se passait à Manchester me préoccupait beaucoup moins. Le seul groupe berlinois qui a réussi à “percer” à Manchester est Einstürzende Neubauten. Même mon père, du haut de ses 70 ans, les a vus à l’Haçienda (club mythique de Manchester, propriété de Factory Records, NDLR). Il s’est vraiment demandé devant quoi il était tombé… ».

Mais les efforts de Mark Reeder sont un peu vains… « Le problème, c’est que Tony Wilson, le patron de Factory, s’en foutait un peu de ce que j’essayais de faire découvrir à la scène de Manchester, analyse-t-il. Par exemple, il n’était absolument pas convaincu par Malaria !. Il était certain que ça ne marcherait jamais hors de l’Allemagne de l’Ouest. J’ai dû trouver une maison de disques belge, Les Disques du Crépuscule, pour les produire. Ça a eu pas mal de succès dans les environs. Tony Wilson s’était trompé… »

« Quand tu es chômeur, tu deviens punk »

À l’époque, Berlin-Ouest fourmille de galeries d’art éphémères. Des artistes plasticiens internationaux comme Keith Haring (« quelqu’un de très drôle », glisse Reeder) s’y installent. Mark Reeder suit aussi l’évolution de certains artistes locaux. Comme Martin Kippenberger, extravaguant patron du club mythique SO36, ou Salomé qui « ne voulait absolument pas être reconnu comme un artiste. Quand il a été considéré comme un artiste aux yeux de ses pairs et du public, il a immédiatement quitté Berlin pour New York. Il ne voulait pas évoluer avec l’étiquette d’artiste. Dommage, c’était quelqu’un de très créatif ».

Et puis, il y a cette rencontre improbable avec Tilda Swinton. Reeder tombe sur elle en longeant le Mur à vélo. L’actrice anglaise est encore inconnue à cette époque. Plus tard, elle connaîtra le succès avec des apparitions dans The Beach, Narnia, The Deep End ou Michael Clayton (pour lequel elle recevra un Oscar). Dans les années 1980, elle est peut-être la seule artiste qui a vécu à Berlin pour une autre raison que la fièvre artistique de la ville. « Son père était quelqu’un de très haut-placé dans l’administration qui gérait le secteur britannique de Berlin-Ouest. Le genre de type qui décide de ce qui est permis ou pas, rigole Mark Reeder. Elle passait donc parfois un peu de temps à Berlin. »

Des punks dans tout Berlin

Dans B-Movie, tout ce beau monde est totalement immergé dans le mouvement punk. La musique, les looks et la contestation politique permanente donnent le ton. Avec du recul, Mark Reeder analyse la situation : « Le punk, par définition, est une réaction à l’échec du capitalisme, Et à l’Ouest, les personnes sans emploi n’étaient pas ce qui manquait… Or, qu’est-ce que tu fais quand tu es au chômage ? Tu deviens punk ! Du coup, Berlin grouillait donc de punks. Même à l’Est, il y en avait. Officiellement, toute la population avait du travail dans cette partie-là de la ville. Le régime véhiculait l’image d’une patrie d’agriculteurs travailleurs. À écouter les dirigeants soviétiques, les punks n’existaient pas à l’Est… Je peux vous dire que j’en connaissais quand même. »

Mais attention, « l’image clichée du punk que vous connaissez n’a jamais été la mienne ni celle de Berlin, insiste Reeder. Le punk coiffé d’une crête jaune criard ou rose pâle, portant veste et bottes en cuir, c’est l’image véhiculée par les médias. Personne ne pouvait s’habiller avec des fringues en cuir. On était fauchés ! Seuls les gosses de riches de Londres pouvaient se le permettre… Nous, on venait de la classe ouvrière. On allait donc se saper presque exclusivement dans les stocks militaires, c’était l’accoutrement le meilleur marché. »  Et de dévoiler l’origine de son look fétiche : « A Berlin, se balader en vieil uniforme militaire, ça détonnait. Tu attirais l’attention au milieu de tous les pacifistes et objecteurs de conscience. Et puis moi, j’étais vu comme l’Anglais de service, le gars un peu fou, une sorte de type échappé des Monty Python… Du coup, c’était mon ticket d’entrée pour faire à peu près n’importe quoi, personne ne m’en tenait rigueur. Je m’amusais parfois à porter des uniformes pour provoquer et choquer les gens, genre des trucs de la Gestapo… Je trouvais ça assez drôle ! »

Des concerts clandestins déguisés en happenings religieux

Depuis Berlin-Ouest, Mark Reeder se rend souvent de l’autre côté du Mur, pour découvrir et soutenir la scène underground côté soviétique. Ce « Disneyland pour dépressifs », dit-il. Malgré des contrôles-frontière assez fastidieux : « J’avais l’impression de me retrouver dans un mauvais film d’espionnage ».

Assez vite, il se met en tête d’organiser un concert à l’Est avec le groupe Die Toten Hosen. « Je pensais que ça se faisait couramment, des groupes de l’Ouest qui allaient jouer à l’Est. En fait, on a été les tous premiers à le faire. Ça a été perçu comme un acte radical de résistance. Quand tu parlais de musique à l’Est, ça éveillait quelque chose chez les gens parce que c’était interdit. Impossible d’acheter une guitare et de te dire : “Je commence un groupe“. Tu devais d’abord passer toute une série de tests avant qu’on ne te laisse faire de la musique librement. Une sorte de X Factor avec des juges de soixante ans, portant de vieux uniformes gris. Ils te demandaient : “Alors comme ça vous voulez faire de la musique ? Et ça raconte quoi vos paroles ?“… »

Le choix du lieu se porte sur une église, seul endroit où la parole pouvait s’exprimer plus ou moins librement. Mais impossible de faire passer les instruments de l’autre côté de la frontière. Le groupe fait donc jouer quelques contacts pour s’en procurer. Pour ne pas éveiller de soupçons, ils font passer le concert pour une messe et ils voyagent déguisés en religieux. « En tout, on a organisé deux concerts, retrace Mark Reeder. Pour le premier, en 1982, il y avait trente personnes, on est passé incognito. Le deuxième, en 1988, était officiellement organisé au profit des “orphelins affamés de Roumanie“. Mais le bruit s’est propagé et le concert secret ne l’était plus du tout : 600 jeunes sont venus ! On était démasqués. La Stasi nous attendait dehors. Avant d’organiser tout ça, j’avais dit aux membres de Die Toten Hosen qu’ils devaient être sûrs de vouloir le faire. Parce que si on se faisait arrêter, eux seuls allaient en subir les conséquences. Tout ce qui pouvait m’arriver, c’est être renvoyé en Angleterre. Mais la Stasi s’est contenté de nous observer de loin. »

L’invitation officielle

Quelques mois plus tard, Mark Reeder est invité officiellement à Berlin-Est pour produire un album du groupe est-allemand Die Vision. « Une fois le travail terminé, le 2 novembre 1989, j’ai pris quelques jours de vacances dans la Roumanie de Ceausescu. Oui, je sais ce que vous allez me dire, quelle idée… J’ai effectivement manqué la chute du Mur. À mon retour, il était tombé. »

« Peu de temps après la chute du Mur, j’ai consulté mon dossier dans les archives de la Stasi : j’y ai découvert que j’étais surveillé. Et pas qu’un peu… En fait, tout le monde me surveillait depuis longtemps. Le chanteur de Die Vision était un membre de la Stasi, et l’invitation officielle à produire leur album n’était qu’un prétexte pour me surveiller. De cette façon, les services de renseignement soviétiques savaient exactement où j’étais et ce que je faisais. Ils s’étaient dit qu’à l’intérieur de leur studio, il n’y avait aucun risque que j’aille corrompre la jeunesse de l’Est avec mes idées et ma musique révolutionnaires ! »

B-Movie nous emporte ensuite dans bien d’autres recoins de cette décennie hédoniste et contestataire ; dans bien d’autres ruelles et sous-sols de cette ville qui tentait de se protéger du monde extérieur. C’était avant de devenir Berlin-Ouest la dépressive ; avant que les punks ne s’éteignent ; avant l’avènement des DJ’s superstars et de la nouvelle vague techno avec la première Love Parade.

Si vous suivez le guide (ce que nous vous conseillons vivement), Mark Reeder vous en racontera d’autres encore ! De quoi faire mentir l’accroche du film : « Si vous parvenez à vous rappeler des années 1980, c’est que vous n’y étiez pas ! »

« Si tu tombes dans ce piège-là, c’est que tu n’as rien compris »

Mark Reeder, lui, n’a jamais quitté Berlin. Il y a porté autant de casquettes qu’il a d’uniformes : DJ, producteur, patron de label, chroniqueur… Tout en se gardant bien de tomber dans les rouages de la grande industrie musicale aux dents acérées : « Aujourd’hui, le but final est de devenir la nouvelle superstar, de se faire des millions…, analyse-t-il. Si tu tombes dans ce piège-là, c’est que tu n’as rien compris. Faire de la musique n’a jamais voulu dire ça, pour moi. Mon regard sur l’industrie n’a pas changé… »

Au Grand-Hornu, Mark Reeder a prolongé l’ambiance de B-Movie et de son Berlin-Ouest avec un DJ set. Les spectateurs ont pu profiter de sa vision de la musique avec une sélection de ses morceaux préférés, oscillant entre un florilège de découvertes, de remixes personnels et un soupçon de nostalgie. En attendant la suite : « On prévoit un film sur les années 1990. Manque seulement le financement… » À bientôt, donc, Mister Reeder.

Pour aller plus loin :

  • Diffusion sur ARTE le dimanche 19 février à 0h25
  • En VOD (seulement en version allemande) ici ou
  • Site officiel du film B-Movie, avec boutique en ligne pour se procurer le film, la bande son et autres à-côtés
  • Extraits du film ici et
  • Reportage d’ARTE Journal sur B-Movie dans le cadre de la Berlinale 2015
  • L’actualité de Mark Reeder

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