Les Japonais espéraient créer le premier éboueur de l’espace. Échec cuisant. Qui parviendra à nettoyer le ciel ?

Spoutnik 1 fut le premier d’une longue série de débris spatiaux. Soixante ans plus tard, près de 30 000 gros déchets générés par l’homme gravitent autour de la Terre et menacent de percuter nos satellites. Ou, pire, de s’écraser sur nos têtes. Pour désamorcer la catastrophe, les Japonais ont lancé un éboueur spatial. Un échec sur toute la ligne.

Auteur : Nicolas Lahaut
Illustrations : Steve Jakobs
Rubrique : Dossier
Retrouvez Cet Article dans le numéro 11
Le fondu au noir en entrée est splendide. Dévoilant sa courbure bleutée assaillie par un essaim d’étranges insectes luminescents, la Terre surgit gracieusement depuis les tréfonds. Littéralement soufflé par cette entrée en matière, qui renvoie Terrence Malick au rang de cinéaste du dimanche, on résiste comme on peut au charme et à l’énergie de la mélodie digne d’un manga qui vient de s’amorcer. Kounotori-6, ” Cigogne céleste “, déploie ses ailes à l’horizontale avant d’entamer depuis les cieux sa parade amoureuse. Dieu qu’on s’y logerait pour une étreinte séculaire. Nul besoin d’être un professionnel en logogrammes japonais pour comprendre qu’on assiste à quelque chose d’édifiant. Aux commandes de cette simulation vidéo postée sur YouTube en novembre 2016, l’Agence d’exploration aérospatiale japonaise (JAXA) étale aux yeux du monde l’ambitieux projet qu’elle s’apprête à mettre en oeuvre. Sixième version d’un vaisseau cargo spatial destiné à ravitailler la Station spatiale internationale (ISS), Kounotori-6 ne diffère pas, a priori, des cinq précédentes. Une petite subtilité change pourtant la donne : un surprenant système, que les initiés appellent KITE, pour ” Kounotori integrated tether experiments “. On le décrira grossièrement comme un long câble électrifié déroulable – 700 m en extension – composé d’aluminium et d’acier inoxydable, capable, par la sainte grâce de la force électromagnétique, de ralentir la course des débris spatiaux et, science gravitationnelle oblige, de les précipiter avec lui dans l’atmosphère où, ensemble, ils se disloqueront, s’embraseront, bref, retourneront à cet état de presque rien, commun à tout ce qui fut passagèrement.
Certes, il ne s’agit que d’un prototype. Certes, il faudra des tiges bien plus longues – 5 000 m, 10 000 même – pour en optimiser l’efficacité. Il n’empêche : le Japon s’apprête à offrir à l’humanité son premier éboueur de l’espace opérationnel. Un bel exploit.

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