La Tentation, au cœur de l’étoffe bruxelloise (1/3)

Gotferboum à la Tentation

Affiche de “A la Tentation” (Date inconnue)

Si la Tentation insuffle un renouveau culturel à la célèbre rue de Laeken depuis plusieurs années, le bâtiment n’a pas toujours été un centre artistique de haut vol. Entre un repère de couturières et un squat urbain, ce lieu mythique s’est forgé une histoire au cours des années et marquera bientôt celle de « 24h01 »…

Tarif de La TentationPour les plus vieux habitants de Bruxelles, La Tentation, centre culturel logé au cœur de Bruxelles, est encore synonyme de cravates, parapluies et tissus de grande qualité. En 1858, c’est au 28 rue de Laeken qu’un des futurs plus grands magasins de tissus belges pose ses valises. Sous la direction d’Isidore Siegerist, la Tentation propose un large assortiment d’étoffes pour la décoration intérieure et pour la confection. Pendant sa période prospère, le magasin embauche plus de cinquante personnes et les Bruxellois affluent de partout pour se procurer revêtements muraux, rideaux et jalousies : « Pendant les soldes, c’était un véritable raz-de-marée. Je me souviens que Madame Dubois, l’une des gestionnaires du magasin, observait cette effervescence annuelle de son balcon avec ravissement. « Comme je raffole de toute cette agitation », disait-elle alors qu’en magasin, les vendeuses ne savaient plus où donner de la tête », raconte Paul Cools, le fils d’un des employés. Lequel est né en 1931 dans le magasin !


Des flammes rénovatrices

En 1893, un incendie ravage une partie du bâtiment suite à l’explosion d’un bec de gaz. Toute la rue est en émoi. Le nouveau propriétaire du bâtiment, Alfred Allard (également membre du conseil communal), s’empresse d’écrire au bourgmestre pour lui faire part de son intention de le reconstruire. D’importants travaux de rénovation sont donc entrepris à la suite de l’incendie. En suivant le modèle architectural parisien (très en vogue à ce moment-là), l’aménagement intérieur d’A la Tentation prend forme. Un brin de fantaisie suffit pour imaginer le nouvel intérieur, surmonté d’un vitrail et de jolies lampes de style « art nouveau ». Avec ses nombreuses décorations en fer forgé et son double escalier à palier (toujours bien présent aujourd’hui), la Tentation trouve un second souffle.

La rue de la Tentation

Peu à peu, George Van den Eeckhoudt, nouveau visage à la tête de l’entreprise, se concentre sur les étoffes de décoration. Les tissus de confection, les cravates et les parapluies disparaissent des rayons. À partir des années 1930, le magasin ne cesse d’attirer un public de plus en plus large. Après la Seconde Guerre mondiale, la réputation d’A la Tentation s’étend bien au-delà de la capitale belge. Le magasin s’affirme La-Tentation-BXL-2comme la référence et sa prospérité est à son comble : « Parfois, l’on ne parlait pas de la rue de Laeken mais de la rue de la Tentation » se souvient Marie-Rose, ancienne vendeuse du magasin. Le personnel d’A la Tentation formait presque une grande famille : « Nous étions toujours invités à participer aux événements importants de la famille Van den Eeckhoudt, comme les mariages et les naissances » explique Marie-Rose. Au même titre que le centre culturel d’aujourd’hui, le magasin d’époque attirait des clients issus de toutes classes sociales confondues. Les bourgeoises distinguées et les marchandes foraines du quartier étaient accueillies personnellement par un portier qui, après leur avoir demandé quels rayons les intéressaient, appuyait sur une petite sonnette pour prévenir une vendeuse de l’arrivée de sa cliente. Cette pépinière d’étoffes, de tissus et de revêtements muraux a incontestablement marqué l’histoire de la capitale. Encore aujourd’hui, certaines personnes essaient de se procurer des tissus de décoration en appelant A la Tentation pour passer commande…

 

Viens faire la fête à la Tentation à l’occasion de la première Gotferboum de l’histoire !

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