La Tentation, au cœur de l’étoffe bruxelloise (2/3)

Près d’un siècle après le premier incendie, les flammes ravagent à nouveau A la Tentation. Le célèbre magasin d’étoffes est contraint de s’installer dans la Galerie du Roi, à deux pas de la Grand-Place. Le bâtiment initial, livré à lui-même, va subir les assauts du vandalisme jusqu’à tomber complètement en ruine…

La-tentation_OuvertureDans la nuit du 14 juillet 1987, un jeune employé s’enferme dans le magasin pour voler de l’argent. Après avoir dérobé son butin, il est pris de panique, tente d’effacer toutes traces de son délit et met le feu à trois endroits différents de la bâtisse. Les tissus et les planchers en bois d’A la Tentation s’embrasent immédiatement. « Les pompiers jetaient les rouleaux d’étoffes sur le trottoir et les passants les emportaient », se souviennent les vendeuses. Pendant les six mois qui suivent la catastrophe, un appartement de la place du Samedi héberge momentanément A la Tentation.

C’était le temps où la Tentation tentait…

Un malheur ne venant jamais seul, le magasin commence au même moment à se démoder. « La concurrence était vive », se souvient Marie-Rose, une ancienne vendeuse. Le tissu moderne et contemporain ne semble plus être le cheval de bataille d’André Van den Eeckhoudt, le nouveau patron d’A la Tentation. Il décide donc de réduire le personnel et d’économiser le moindre sou. « Le magasin proposait les mêmes étoffes depuis dix ans, son personnel se faisait de plus en plus âgé et l’atmosphère du bâtiment renforçait cette impression de fin de règne », raconte Madame Jacobs, l’ancienne belle-fille d’André Van den Eeckhoudt.

Après le deuxième incendie, le magasin s’installe dans un endroit plus petit et moins symbolique, au coin de la Galerie du Roi et de la rue de l’Ecuyer. Intimidée par la population chic et chère de la Galerie, la clientèle d’A la Tentation, pourtant restée fidèle jusque-là, se détourne de son adresse fétiche pour lui préférer les concurrents.

La fin d’A la Tentation

La-tentation-avant-renovationEn 1991, Madame Jacobs reprend la direction du magasin : « Peu à peu, nous avons proposé des étoffes exclusives, plus chères et plus belles, parce que nous étions situés dans un lieu fréquenté par la haute société », explique-t-elle. La clientèle hétéroclite d’autrefois se transforme en une clientèle bourgeoise. Après l’incendie, le bâtiment d’A la Tentation est racheté par une société immobilière néerlandaise. Il restera vide pendant plus de huit ans. Squatté et dégradé, il deviendra l’un des nombreux chancres urbains de la capitale, à la merci des voleurs qui dérobent des morceaux de marbre ou de fer forgé, dépeçant petit à petit la cheminée et la balustrade.

En 1996, le bâtiment est complètement en ruine. Le Soir titre : « La ville de Bruxelles réclame au propriétaire un impôt sur l’inoccupation se chiffrant à 1,2 million par an ».

C’est à partir de 1997 que la Tentation va renaître de ses cendres. Et préparer sa nouvelle vie, loin de la première. Une renaissance à la hauteur de l’histoire du lieu que nous évoquerons dans notre dernier épisode…

Viens faire la fête à la Tentation à l’occasion de la première Gotferboum de l’histoire !

<< Episode 1                                                   Episode 3 >>

 

Commentaires

commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Nous utilisons Google Analytics

Veuillez confirmer, si vous acceptez le suivi par Google Analytics. Vous pouvez également refuser le suivi, de sorte que vous pouvez continuer à visiter notre site Web sans aucune donnée envoyée à Google Analytics.