« Mons, capitale européenne de la culture : une aventure qui n’arrive qu’une seule fois dans la vie. Participez de 2015 façons ! » Largement diffusé bien avant le lancement officiel des réjouissances, le slogan invitait « tout qui le voulait » à devenir ambassadeur, concepteur, acteur voire héros de la fête qui s’annonçait grandiose car participative. Deux nouveaux territoires allaient voir le jour pour mieux embrasser la dynamique : le Grand Huit et le Grand Ouest. Un évènement ancré dans le terroir, la poussière des terrils ou les méandres herbeux de la Trouille.

Texte de Carole Depasse

Illustration de Benoît Henken

Rubrique: Mons en quête de renaissance

Retrouvez cet article dans le numéro Hors-série Mons 2015

Making Of

En 2015, j’ai fait la fête avec les Montois et les Borains au point d’en oublier parfois pourquoi j’étais parmi eux. J’étais là pour répondre à la question : le dispositif d’appropriation citoyenne de Mons 2015 fut-il un succès ? Réponse mathématique : oui, et cela se chiffre en termes de participation. Réponse subjective : oui, et cela se mesure en termes d’émotion. De ce dernier point de vue, j’ai été comblée. Un seul regret : ne pas avoir pu suivre toutes les manifestations territoriales. Une cadence du tonnerre de Dieu. Ma mémoire sensorielle est encore impressionnée de scénettes humaines irrésistibles me rappelant combien les fêtes populaires représentent un capital social et culturel qu’il ne faudrait jamais voir disparaître. Elles créent du lien et gomment les différences le temps des flonflons.

Je l’avoue : je suis très bon public. Même lorsque j’assiste à un spectacle qui ne fonctionne pas, je cherche toujours la bonne intention derrière la performance, fut-elle ratée. Au cours des Grands Huit et Ouest et des manifestations créées par et à destination de la population locale, je pense n’avoir rencontré que peu de « ratages ». Seule la pluie a parfois saboté la fête. Je suppose que les organisateurs voient les choses d’un autre œil. Moi, j’ai juste profité du résultat sans me soucier de tout ce qui s’est fait en amont et qui n’a pas toujours dû être drôle. Je l’ai bien compris même si, pour ne pas gâcher l’entente, les critiques sont voilées et les ressentiments enfouis.

L’heure du bilan sera peut-être aussi l’heure des règlements de compte ? Pas nécessairement, car si l’aventure se poursuit en 2016, c’est sûr, il faudra encore mordre sur sa chique pour travailler tous ensemble. Honnêtement, ça vaut le coup. Simple spectatrice, je serai là, l’année prochaine, si les territoires s’animent et dansent de nouveau. Et j’irai là où je n’ai pas pu aller cette année. D’ici là, je n’oublierai pas de nombreux moments inattendus comme, pour ne citer que lui, le « Faits Maisons » dans les Foyers Saint Joseph à Mons. Les vieilles dames et leur candide spontanéité m’ont scotchée sur place. Je n’ai rien pu faire : ni interviewer, ni enregistrer. Je ne voulais pas me dévoiler. Elles auraient compris que je n’étais pas là par hasard, pas plus que les deux « fausses sœurs » de comédiennes. Elles auraient compris qu’il y avait traquenard culturel et cela aurait tout gâché.

S’il n’y a qu’une seule chose à reconduire en 2016, que ce soit la fête populaire.

Carole Depasse

 

 

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