Tout commence avec ces strings coquins dans les vitrines des boutiques de lingerie sexy du Caire. Elles sont nombreuses dans la capitale égyptienne. Quelques jours plus tard, nous sommes assis dans la salle d’attente de la première sexologue du monde arabe. Quand l’Égypte nous parle de ses dessous.

À pieds nus sur la moquette, elle se tient immobile. La jambe est longue et lisse. Au-dessus du string qui cerne ses fesses, la cambrure de son dos fait pointer vers l’avant une poitrine menue, mais ferme. Les fines bretelles de sa nuisette ont le même rouge que sa bouche, entrouverte en un demi-sourire. Coiffée d’une cape d’infirmière blanche à croix rouge, elle nargue les passants de son regard vide. Elle n’est pas seule. À sa droite se tient une grande blonde en guêpière qui porte des oreilles de chat. À sa gauche, une sorte de tigresse aux lèvres noires dont le corset s’apprête à exploser à la hauteur des seins. Plantées là comme des appâts dans la vitrine, les trois mannequins de plastique accueillent d’une même moue coquine ceux qui osent pousser la porte de cette boutique de Talaat Harb, l’une des artères les plus fréquentées du Caire.

Auteur : Valérie Gillioz

Illustration : Valentine Gallardo

Rubrique : D’ailleurs

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