L’armée belge se fait vieille. En 2010, le ministre de la Défense décide donc de relancer le service militaire, sur base volontaire, en ciblant des jeunes en décrochage qui n’ont besoin de présenter aucun diplôme. Cinq ans plus tard, les conclusions sont tirées : c’est un fiasco. Quelques centaines de volontaires seulement ont suivi une formation que l’on annonçait utile pour leur avenir. Très peu l’ont terminée et, parmi eux, à peine un tiers a poursuivi sa carrière à la Défense. Nous avons rencontré quatre de ces jeunes militaires volontaires. Deux portent toujours l’uniforme.

Auteurs: Nicolas Baudoux Et Thomas Leroy

Photographies: Thomas Léonard

Rubrique: Dossier

RetrouvezCetArticle4

Making Of

Débusquer de jeunes militaires, mieux : de jeunes militaires qui avaient quitté l’armée. Nous sentions dès le début que ce ne serait pas chose aisée. Nous nous sommes donc associés. Le reportage fut un beau challenge. Trouver des informations auprès de la Défense, ça nous a fait penser aux calendriers de l’Avent où derrière chaque jour, il y a un chocolat. Sauf qu’ici, la porte ouverte était souvent vide. Mais le chocolat était d’autant meilleur quand il était là.

Ce fut un jeu du chat et de la souris. Contacter l’armée et les syndicats, tous les militaires que nous débusquions sur Facebook, toutes nos connaissances qui connaissent via via via un militaire. De refus en redirections, nous nous approchions. Enfin, de Perwez à Farciennes, de Marche-en-Famenne à Bruxelles, nous les avons rencontrés. Et écoutés. De riches moments.

À Marche-en-Famenne, dès qu’il a eu le camp de base Roi Albert en ligne de mire, Nicolas s’est garé. Pour observer, pour appréhender de loin ce monde inconnu. « Je me suis rapidement rendu compte que je rentrais dans un monde froid, très strict tant que vous n’avez pas l’autorisation de pénétrer dans leur bulle. Je n’avais pas encore lu la mention sur le site de La Défense “Toute personne accédant au domaine militaire sans autorisation peut mettre sa vie en danger”. J’ai franchi la barrière à pied, sourire aux lèvres et main tendue vers le premier militaire de ma vie. “Vous reculez. Vous passez derrière la barrière.” Bienvenue. J’ai eu la même impression, lors d’une autre interview à l’Hôpital militaire Reine Astrid. Je n’ai pas pu accrocher mon vélo à un poteau à 50 m de l’entrée. “Les ordres ce sont les ordres, monsieur.” »

Et les règles sont les règles. Toute demande d’information ou d’interview doit faire l’objet d’une demande à la hiérarchie et passer par le service presse de la Défense. Les deux jeunes militaires que nous avons réussi à interviewer ont été soigneusement choisis. Et une responsable de la communication accompagnait l’interview – non pas pour intervenir, mais pour « accompagner ».

Bien heureusement, les personnes rencontrées étaient toutes très amicales. Dès la barrière civil-militaire percée, la façade s’évanouit et laisse place à un contact humain très chaleureux. Quant aux militaires ayant arrêté, nous avons longtemps creusé pour essayer de découvrir « qui connaissait quelqu’un qui s’est engagé entre 2010 et 2014 dans le programme d’Engagement Militaire Volontaire et qui a arrêté entre-temps ? » Nous avons finalement pu en contacter quelques-uns et nous en avons rencontré deux. Des interviews cordiales et animées. Ces jeunes n’ont pas oublié l’armée. Les pieds sur terre, ils nous ont raconté comment ils y sont entrés et pourquoi ils en sont partis. Merci Quentin, Thomas L., Thomas B. et l’armée de nous avoir permis d’ouvrir ces portes. Merci Steven, Peter, Arnaud, Michaël et Thomas de nous avoir répondu.

Thomas Leroy et Nicolas Baudoux

Commentaires

commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Nous utilisons Google Analytics

Veuillez confirmer, si vous acceptez le suivi par Google Analytics. Vous pouvez également refuser le suivi, de sorte que vous pouvez continuer à visiter notre site Web sans aucune donnée envoyée à Google Analytics.