Quand on l’interroge, l’auteur et metteur en scène Wajdi Mouawad (47 ans) prend son temps avant de répondre aux questions. Il baisse le regard, se passe une main dans les cheveux, respire profondément et lâche deux ou trois mots avant de se taire pour réfléchir à nouveau. Il vous regarde ensuite droit dans les yeux et vous promène pour de bon, généreusement, dans ses souvenirs et ses réflexions… Mais Wajdi Mouawad pose aussi des questions, beaucoup de questions. Ce qui n’a rien d’étonnant : les rencontres ont marqué sa vie et son œuvre. Il a passé son enfance au Liban, son adolescence en France et sa vie de jeune adulte au Québec avant de revenir dans l’Hexagone. Pour Mons 2015, il a construit un double projet fomenté dès 2011. Le premier, monter l’intégrale des sept tragédies de Sophocle en une journée. Le deuxième, réunir cinquante jeunes pendant cinq ans pour voyager ensemble une fois par an et apprendre à lire, écrire, compter et parler. Quatre verbes au cœur de l’œuvre fascinante de Wajdi Mouawad.
| Texte de Nicolás Rodríguez Galvis Illustrations de Jeron Janssen Rubrique: Grand entretien illustré | ![]() |
Making Of
« Cet entretien a été rythmé par les silences. A chaque fois que vous posez une question à Wajdi Mouawad, il vous regarde, il regarde par terre, il respire profondément avant de s’aventurer dans les possibles chemins d’une réponse qui se bifurque. Puis, il se promène avec vous dans ses souvenirs, vous guide dans ses réflexions, vous pose des questions, plein de questions, et vous accompagne dans ses anecdotes, qui finissent souvent par un éclat de rire. Après l’entretien, je me suis dit que filmer tous ces silences, tous ses gestes sans mots, et les monter les uns après les autres auraient pu être tout aussi révélateurs et peut être même plus que les paroles que j’ai pu recueillir. Cet entretien vous propose d’imaginer la voix de Wajdi Mouawad comme si elle était un fleuve, mais il est peut être plus juste de l’imaginer comme un archipel. »


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