Souvent critiqués pour l’addiction et la violence qu’ils provoqueraient, les jeux vidéo vivent pourtant une époque dorée, à l’image du succès de l’e-sport qui rassemble chaque jour des millions de joueurs dans des arènes immenses. Dopage, contrats juteux et star system : la discipline ressemble désormais à s’y m’éprendre aux sports populaires traditionnels, mais le grand public continue de la bouder. Jusqu’à quand ?

Auteur: Emilien Hofman

Illustratons: Daniel Garcia

Rubrique: D’Ici et d’ailleurs

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Making Of

« Non, on n’est pas dans un autre monde. Pourquoi on le serait ? C’est un loisir alternatif et c’est désormais également une profession comme une autre même si elle n’est actuellement pas très connue. » Commentateur ultra reconnu dans le monde de League of Legends (LoL), Noi n’est pas du genre à s’offenser quand quelqu’un lui parle de l’e-sport comme venant d’une autre planète.

Intéressé par les jeux vidéo sans en être un fan irréductible pour autant, je me suis retrouvé dans la position de l’allocutaire fantôme de Noi jusqu’il y a quelques mois. Ce monde du sport électronique me semblait appartenir à un tout autre univers loin de la vie réelle, un peu comme quand Jean Dujardin rencontre des jeunes hippies dans OSS 117 : « Là, vous avez pris une année sabbatique. Mais l’année prochaine, vous y avez pensé à ça, l’année prochaine ? C’est le vrai monde, dehors. Et le vrai monde, il va chez le coiffeur. » Bref, ma vision de l’e-sport était plutôt fermée et réservée aux geeks. C’est un ami proche qui m’a ouvert la première porte vers le sport électronique en m’expliquant qu’il allait voir la retransmission d’une finale de jeux vidéo dans une véritable salle de cinéma à Bruxelles. C’est notamment grâce à cela que j’ai commencé à me renseigner sur le sujet et à découvrir tout son intérêt… jusqu’à comprendre que ses similitudes avec le sport n’allaient pas que faciliter l’écriture d’un article.

Dès le départ, il a en effet été décidé de s’intéresser à trois intervenants belges fort connus dans le monde de l’e-sport et plus particulièrement de LoL : la présentatrice Eefje « Sjokz » Depoortere, l’ancien joueur pro Mitch « Krepo » Voorspoels et l’actuel coach Karim « ImSoFresh » Bbhala. La première citée, habituée à recevoir des demandes de mariage sur les réseaux sociaux, n’a pas répondu, au même titre que Riot Games, l’éditeur qui l’emploie. Le deuxième a tout simplement balancé un « Je ne suis pas intéressé et je n’ai pas le temps », alors que Karim n’a pu être contacté qu’une fois la fin de son contrat avec l’équipe polonaise ROCCAT officialisée. Le monde de l’e-sport semblait alors aussi fermé et cadenassé que le football de haut niveau où tous les RP des clubs cherchent plus à communiquer qu’à témoigner.

Heureusement, le monde français de l’e-sport s’est montré particulièrement coopératif. Il a suffi d’envoyer de simples e-mails sur les adresse typiques « info@… » pour obtenir des réponses. Si on excepte les stars belges, la famille e-sport s’est donc finalement montrée intéressée par l’article, expliquant que c’était une bonne occasion de parler de leur passion dans un sens positif et pour trancher avec le stéréotype trop souvent répandu du danger du jeu. La plupart des contacts se sont déroulés via Skype ou par téléphone, la conversation avec Bjorn-Olav Dozo restant notamment dans les annales parce que réalisée au milieu des annonces des trains en gare de Malines – « J’attends qu’il ait fini », lancera même le spécialiste lors d’une annonce un peu trop bruyante.

Les différents témoignages recueillis ont eu une terrible influence sur l’angle du papier. Au départ, ce dernier se résumait en : « L’e-sport, cette discipline qui rêve des JO. » Après trois coups de fil, la question des JO a été définitivement mise de côté tant les acteurs interviewés réduisaient l’importance de cette éventuelle participation. « On pourrait plutôt envisager des JO… d’e-sport », a même lancé Cyril Anaya, d’O’Gaming TV.

Émilien Hofman

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