Les bateliers consacrent leur existence au transport par voie d’eau, à vivre au rythme des fleuves. Un rythme parfois infernal que beaucoup, aujourd’hui, ne peuvent plus supporter. Si certains décrivent le transport fluvial comme le mode du futur qui pourrait mettre fin à la congestion automobile, d’autres ont perdu tout espoir. La position du gouvernement est ambiguë. Pour comprendre cet univers que nous, « gens d’à terre », percevons de très loin, j’ai levé le pouce au bord de l’eau.

Texte et photographies de Nicolas Baudoux

Rubrique: D’ici

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Making Of

Il y a certaines périodes où il n’y a ni obligations pour le lendemain, ni pour le surlendemain. Ni pour la semaine suivante en fait. Et c’est grâce à ça que j’ai pu partir à la rencontre des bateliers. J’ai pris un sac à dos de randonnée, y ai fourgué quelques affaires pour plusieurs jours et j’ai pris le train de Bruxelles pour Namur. Je ne savais pas ni où, ni comment j’allais rentrer en contact avec eux. Après avoir marché et attendu un bon paquet de temps : chou blanc. Aucun bateau n’a accepté de me prendre, sauf un bateau-poubelle (l’équivalent du camion-poubelle). Peu agréable pour une promenade que j’imaginais plus idyllique. Alors j’ai continué à marcher et je me suis arrêté à la première écluse sur mon chemin (l’écluse de La Plante, au croisement de la Sambre et de la Meuse), j’ai posé bagage et j’ai attendu. À la vue de la première péniche, j’en avais encore pour 30 minutes d’attente (à 10 km/h, évidemment…). J’étais extrêmement excité de rentrer en contact avec ce monde là. Après plusieurs refus, je suis enfin tombé sur quelqu’un prêt à me prendre sur son bateau. Ma seule condition, c’était de rester plusieurs jours avec eux pour pouvoir non pas voir, mais observer. Pas toujours évident à proposer ni à accepter. Mais ça a marché. Et dés le premier voyage, j’ai pu rentrer en contact avec une myriade de bateliers, passant de contact en contact j’avais enfin le pied qu’il fallait dans ce monde pour pouvoir me lancer dans un reportage sur le sujet. C’était drôle, curieux, amusant. Je découvrais alors un monde inconnu, assis dans leur intimité. J’ai pu boire du champagne, manger du cassoulet et passer des soirées à discuter sur une banquette peu confortable.

Depuis la fin du reportage, j’ai emmené plusieurs amis pour qu’ils goûtent au « stop de bateau ». Un plaisir au bord de l’eau, un voyage à la manière d’un Kinder surprise. À conseiller par beau temps évidemment.

En parallèle à cela, j’avais dans l’idée de construire ce reportage comme un « reportage vert ». Ou comment réaliser une production journalistique en minimisant son empreinte écologique ? J’ai investi dans un chargeur solaire portable pour recharger mes batteries d’appareil photos, de micros, etc., et pas question de prendre la voiture, uniquement le train, le bus ou le stop pour rejoindre les bateaux. Si cela vous intéresse, voici mon procédé dans une micro-vidéo que j’ai réalisée :

Bonne lecture, et à bientôt !

Commentaires

commentaires

Une réponse

  1. Eva

    Super projet. Nous aimerions vivre sur un bateau mais pour l’instant nous sommes nomades et vivront dans notre camping-car baptisé : ” Le Phénix “. Depuis le 15 novembre 2015, nous sillonnons les routes de Belgique et de France, de village en village nous découvrons des merveilles et des gens adorables, comme les bateliers.
    Bon vents.
    Eva et Philippe

    Répondre

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