Comment raconter mille ans d’Histoire à Mons et environs ? Laissons l’un des fruits les plus appréciés de cette terre fertile nous livrer les souvenirs de sa lignée illustre et pourtant méconnue… Son point de vue hydratant, vitaminé et riche en acide folique va nous permettre de passer en revue les périodes fastes et les coups durs traversés par la région depuis l’an 1015. Et peut-être de comprendre pourquoi on parle aujourd’hui, avec l’année capitale, d’un espoir de « renaissance ».

Scénario de Damien Chemin

Dessins de Félix Laurent

Rubrique: Mons en quête de renaissance

Retrouvez cet article dans le numéro Hors-série Mons 2015

Making Of

En préparant l’écriture de cette BD, j’ai été frappé par le nombre de contributions importantes et pourtant méconnues de personnalités montoises à l’histoire de l’art et de la science. Le meilleur exemple de cela, c’est sans doute que sans le savoir on savoure partout dans le monde des poires fondantes et savoureuses issues du travail de pionnier de l’abbé montois Hardenpont. N’est-ce pas plus important finalement que le bref passage de célébrités comme Napoléon ou Van Gogh ? Partant de cette idée, j’ai choisi de porter un regard décalé sur l’histoire, celui d’une poire pour qui la « renaissance » s’est véritablement produite à Mons. Car, pour elle, Mons c’est le centre du monde. La BD joue sur le détournement de l’histoire suivant un point de vue totalement fictif et déformant.

Suivre une lignée de poires permet aussi de faire le lien entre des faits historiques parfois très éloignés les uns des autres au fil de mille ans d’histoire. Comme pour les récoltes, il y a des années fastes et des années de sinistre. Mais les poiriers refleurissent et donnent de nouveaux fruits chaque année. En ce sens, la poire m’a semblé être un symbole des multiples renaissances d’une région face aux aléas de l’histoire. Comme c’est le cas dans le visuel de présentation de l’expo « Mons superstar ! », la poire devient ici l’image de la ville et de ses richesses méconnues.

Je retiens de l’entretien préparatoire qu’Yves Vasseur a bien voulu m’accorder que la Renaissance s’est développée dans des petits centres urbains, comme Urbino en Italie, plutôt que dans les grandes capitales. Avec ses chanoinesses à l’esprit ouvert, ainsi que les nombreuses découvertes scientifiques et les luttes sociales boraines, le rôle joué par Mons pour ouvrir de nouvelles perspectives est plus important qu’on ne le soupçonne. Cette effervescence régionale et cette histoire « proche » nous rappelle aussi que nous pouvons tous jouer un rôle dans l’histoire (même les poires d’ailleurs !). La réappropriation de la ville et de son histoire par les habitants d’aujourd’hui est sans doute l’un des effets les plus intéressants des événements de Mons 2015.

Pour la forme, la division du temps en époques telles que nous les connaissons n’a pas vraiment de sens d’un point de vue de poire. Avec Félix Laurent, on s’est alors amusés à créer une nomenclature différente, autour d’un événement historique central : l’apparition des poires à chair fondante. On s’est dit que pour les poires, il y a tout simplement une période cuite et une période crue. Suivant cette idée de perception du temps différente, Félix a suggéré de ne pas utiliser de cases et de laisser les événements se relier librement au gré des mémoires de notre poire.

Damien Chemin

 

 

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