De plus en plus nombreuses, couvrant un éventail de plus en plus large de distances, de tracés et de difficultés, les grandes courses à pied rassemblent toujours plus d’adeptes. Des mordus pour qui passer la ligne d’arrivée au prix d’efforts parfois dantesques relève davantage de la quête que de l’exploit. Mais que cherchent réellement ces fanas de l’ultra ?

Texte de Camille Lejeune

Photographies de Fabienne Cuypers

Rubrique: D’Ici

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Making Of

Tout a commencé à cause de mon frère, devenu il y a peu un toqué de course à pied. En lisant sur Facebook son compte-rendu de la Bouillonnante – une course de 104 kilomètres et 4000 mètres de dénivelé dans la région de Bouillon – je me suis posé une seule question : mais pourquoi? Ces gens sont-ils juste masochistes? Ou, pire encore, des masochistes égocentriques – car je lisais entre les lignes une fierté un peu présomptueuse qui me rendait légèrement mal à l’aise…?

La journaliste qui sommeille en moi a donc decidé d’investiguer. Il fallait aller à la rencontre de ces fous furieux, les faire parler, tâter l’ambiance de ces fameuses courses pour revenir avec une réponse qui tienne la route (ouh, le mauvais jeu de mot).

Et je dois dire que l’exercice m’a bien plu. Entendre des gens de tous bords expliquer qu’ils ont mal, que leurs pieds sont recouverts d’une couche de corne d’un demi-centimètre au-dessous de laquelle viennent encore s’inviter des cloches de la pire espèce, les écouter raconter qu’ils ont vomi leurs tripes, failli s’évanouir et lire malgré tout sur leurs visages, plus que de la satisfaction, une vraie joie, a eu pour moi quelque chose de véritablement fascinant.

Au bout du compte, même s’il n’y pas de réponse univoque à la question de savoir ce que cherchent ces coureurs invétérés, je dois bien admettre que je leur voue désormais un certain respect. Peut-être que ce sont des dingues, mais ils bossent pour arriver à un résultat, et rien qu’en cela ils méritent d’être loués. Peut-être qu’ils le font surtout pour eux-mêmes, mais si cela leur permet en definitive d’être mieux dans leurs baskets et donc plus en phase avec leur environnement, pourquoi pas? D’autant que la course – le trail en particulier – a un côté hyper convivial, où la solidarité est maîtresse. Alors finalement, entre l’accro au smartphone et aux series télé et l’accro aux kilomètres, je me dis que le choix est vite fait.

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